Aller au contenu

Watt'Next

Batterie zinc–manganèse rechargeable : un projet de start-up du CNRS vise le stockage du réseau

Le CNRS soutient un projet de batterie aqueuse zinc–dioxyde de manganèse, issue de la chimie des piles alcalines, pour stocker les surplus d'électricité renouvelable. Le prototype est attendu en 2026.

Par Adrien Tournel · Publié le

Portrait de la chercheuse porteuse du projet de batterie zinc-manganèse du CNRS
Ivette Aguilar, chercheuse du CSE, sélectionnée dans la cohorte 2026 du programme RISE du CNRS © CNRS

Une pile alcaline que l'on pourrait recharger, pour stocker l'électricité du réseau : c'est le pari d'un projet de start-up issu du laboratoire de chimie du solide et de l'énergie (CSE) du CNRS. Il a été retenu en décembre 2025 dans la cohorte 2026 du programme RISE du CNRS, qui aide les projets à se structurer et à trouver leurs premiers financements.

Une chimie familière, mais rechargeable

La batterie associe une électrode de zinc métallique et une électrode de dioxyde de manganèse (Zn/MnO₂), dans un électrolyte aqueux : c'est la chimie des piles alcaliques AA, que les chercheurs veulent rendre rechargeable, ce que les piles commerciales ne sont pas. Elle est annoncée comme capable de fonctionner de −15 °C à 55 °C.

Schéma d'une cellule avec électrode de zinc, électrode de MnO2 et électrolyte aqueux
Principe simplifié de la batterie zinc–dioxyde de manganèse © WattNeuf, d'après CNRS

Pour le stockage stationnaire

La cible n'est pas la voiture mais le stockage à grande échelle : absorber les surplus d'électricité renouvelable et les restituer lors des pointes de consommation. Le CNRS ne donne ni capacité, ni coût, ni nombre de cycles.

Où en est le projet

  • Propriété intellectuelle : un brevet déposé en 2023 et deux en 2025.
  • Soutiens : maturation CNRS (dossier de 2024) avec un financement du Réseau pour le stockage électrochimique de l'énergie (RS2E), puis programme RISE.
  • 2026 : finalisation du prototype avant le changement d'échelle, et préparation d'un tour de table d'amorçage.
  • Verrous restants : prolonger la durée de vie et développer le recyclage.

Nous en sommes donc à l'étape du prototype de laboratoire : rien n'indique encore d'usine ni de produit commercial.

Une piste de plus après le sodium-ion

Les batteries aqueuses s'ajoutent aux autres alternatives au lithium suivies par WattNeuf : le sodium-ion, dont Peak Energy construit une usine de 4 GWh en Californie, ou le fer-air de Form Energy. La différence ici : une technologie encore très en amont, portée par la recherche publique française.

Sources : CNRS Chimie, « Un projet de start-up sur les batteries soutenu par le programme RISE du CNRS en 2026 » (19/12/2025).

À lire aussi