Fusion : SPARC, le tokamak de Commonwealth Fusion Systems, est achevé à près de 80 % et vise un premier plasma en 2027
Aux États-Unis, la start-up CFS installe les aimants supraconducteurs de SPARC, sa machine censée produire plus d'énergie qu'elle n'en consomme, et prépare déjà ARC, une centrale de 400 MW au début des années 2030.
Par Adrien Tournel · Publié le · mis à jour le 23 octobre 2026
Après le record de durée du tokamak français WEST, que nous avons détaillé, la fusion avance aussi du côté des acteurs privés. Commonwealth Fusion Systems (CFS), issue du MIT, indique que sa machine de démonstration SPARC, à Devens (Massachusetts), est « presque achevée à 80 % » (billet de CFS du 5 août 2026).
Des aimants supraconducteurs à haute température
Le pari de CFS repose sur des aimants supraconducteurs à haute température, capables de créer un champ magnétique très intense dans une machine plus compacte qu'ITER. Selon OODAloop (8 mai 2026), un premier aimant d'environ 20 tonnes a été descendu dans la coque du tokamak au printemps ; il est le premier des 18 aimants qui formeront l'anneau. L'entreprise et le MIT avaient atteint 20 teslas avec un aimant à grand alésage en 2021, soit environ le double des aimants niobium-étain d'ITER.
Ce que SPARC doit démontrer
L'objectif de SPARC n'est pas de produire de l'électricité mais de démontrer un gain net d'énergie (Q supérieur à 1). D'après la page de référence consacrée à la machine, la conception vise un Q d'environ 11 et jusqu'à 140 MW de puissance de fusion, en impulsions d'une dizaine de secondes. Le premier plasma est annoncé pour 2027, après plusieurs reports : le calendrier initial prévoyait 2025.
ARC, la centrale qui suivrait
- Puissance : 400 MW nets visés, soit l'équivalent de 280 000 foyers américains selon CFS.
- Calendrier : mise en service « au début des années 2030 », à Chesterfield (Virginie), avec des démarches de zonage et de raccordement au réseau PJM en cours.
- Jalons : CFS a validé auprès du département de l'Énergie américain un avant-projet conceptuel et une feuille de route technologique pour ARC.
- Financement : nouvel investissement d'un milliard de dollars, pour un capital total levé de 4 milliards de dollars.
Prudence
Ces chiffres sont ceux de l'entreprise : aucun résultat de plasma n'est encore publié pour SPARC, et le gain net d'énergie reste à prouver. Comme nous l'écrivions pour WEST, la durée du plasma, le gain d'énergie, les matériaux et le coût sont autant d'étapes distinctes. Une centrale de fusion raccordée au réseau reste, au mieux, un sujet pour les années 2030, bien après des solutions déjà déployées comme le sodium-ion.
Sources : Commonwealth Fusion Systems (05/08/2026), OODAloop (08/05/2026), Wikipédia – SPARC.
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