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IA et datacenters : 28,6 GW demandés au réseau français, RTE trie les projets par maturité

Les demandes de raccordement de datacenters atteignent 28,6 GW en France, contre 5 GW fin 2024. RTE accélère cinq sites pilotes et veut servir d'abord les projets les plus mûrs.

Par Adrien Tournel · Publié le · mis à jour le 25 octobre 2026

Illustration d'un datacenter et de l'électricité qui l'alimente
Les datacenters d'IA font entrer l'électricité française dans une nouvelle phase de demande © Les Énergies Renouvelables

L'intelligence artificielle est en train de devenir un nouvel usage massif de l'électricité. En France, les demandes de raccordement de datacenters atteignent 28,6 GW, selon les chiffres de RTE rapportés par Les Énergies Renouvelables le 18 juin 2026. Fin 2024, une quarantaine de projets représentaient environ 5 GW ; en mai 2026, près de 18 GW étaient réservés pour quelque 80 projets.

Un usage encore modeste, mais qui change d'échelle

Les datacenters consomment aujourd'hui environ 10 TWh par an, soit près de 2 % de l'électricité française. Le bilan prévisionnel de RTE table sur 15 à 20 TWh en 2030 (environ 3 %), puis 23 à 28 TWh en 2035. La production nationale est aujourd'hui excédentaire d'environ 20 %, ce qui laisse de la marge, mais la difficulté est géographique et temporelle : il faut raccorder des puissances très élevées sur quelques sites, en quelques années.

Histogramme de la puissance demandée par les datacenters : 5 GW fin 2024, 18 GW en mai 2026, 28,6 GW demandés
Demandes de raccordement de datacenters au réseau RTE © WattNeuf

Le « fast track » de RTE

RTE a mis en place une procédure de raccordement accélérée, annoncée lors du Sommet pour l'action sur l'IA de février 2025 et approuvée par la CRE au printemps 2025. Cinq sites ont été identifiés (deux en Île-de-France, trois dans les Hauts-de-France), chacun pouvant accueillir de 700 MW à 1 GW en trois à quatre ans. Selon le rapport d'activité 2025 de la CRE, les industriels concernés bénéficient d'une réfaction de 30 % sur le coût des travaux d'extension.

Premier cas d'application : le Campus IA de Fouju (Seine-et-Marne), porté par MGX, Bpifrance, Mistral AI et NVIDIA. Selon le communiqué de RTE de janvier 2026, il doit atteindre 240 MW fin 2027, 700 MW avant fin 2029, et jusqu'à 1 400 MW à terme.

Trier les « projets fantômes »

Les datacenters raccordés ces deux à trois dernières années ne consomment en moyenne que 20 % de la puissance demandée. Les réservations inutilisées engorgent donc la file d'attente. RTE veut passer du « premier arrivé, premier servi » à une logique de maturité (foncier sécurisé, garanties financières, premières commandes d'équipements), ce qu'une délibération de la CRE de juillet 2025 permet dès juin 2026.

La flexibilité, prochaine frontière

Reste une piste que le secteur commence à explorer : des datacenters capables de réduire ou décaler leur consommation quand le réseau est sous tension. Aux États-Unis, Google finance avec l'agrégateur Voltus une centrale virtuelle d'environ 100 MW, attendue en 2027 dans la région PJM (Clubic, 4 juin 2026). En France, l'effacement existe depuis 2006 ; la flexibilité certifiée est de 3,8 à 4,5 GW, pour un objectif de 10 GW en 2030. Ces dispositifs concernent aujourd'hui surtout les foyers et l'industrie, pas encore les datacenters.

Ce que cela change pour le réseau : une demande très concentrée, pilotée par la maturité des projets plutôt que par l'ordre d'arrivée, et peut-être demain des centres de calcul qui servent aussi de variable d'ajustement.

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Sources : Les Énergies Renouvelables (18/06/2026), RTE (communiqué de janvier 2026), Clubic (04/06/2026).

À lire aussi : ON.Energy : un UPS-batterie de 5 GW pour les datacenters IA.

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