Pompes à chaleur : ce que l'Ademe a vraiment mesuré (COP moyen de 2,9 en air/eau, 4,1 en géothermie)
Les pompes à chaleur tiennent-elles leurs promesses une fois posées chez les particuliers ? L'Ademe a mesuré 100 installations : les performances réelles sont proches des données des fabricants, mais un tiers des PAC air/eau sont mal réglées.
Par Adrien Tournel · Publié le
Avant d'investir 10 000 à 15 000 € dans une pompe à chaleur, une question revient : le COP annoncé sur la fiche technique se retrouve-t-il dans la vraie vie ? L'Ademe a répondu avec une campagne de mesures chez des particuliers, présentée dans son « Avis sur les performances réelles des pompes à chaleur » (automne 2025). Voici ce qu'il faut en retenir.

Rappel : le COP, c'est quoi ?
Le coefficient de performance (COP) mesure la quantité de chaleur produite pour un kWh d'électricité consommé. Un COP de 3 signifie que 1 kWh d'électricité fournit 3 kWh de chaleur. À titre de comparaison, une chaudière classique a un rendement saisonnier moyen d'environ 0,8 selon l'Ademe, et un radiateur électrique d'un peu moins de 1 en équivalent chaleur utile. Pour le fonctionnement détaillé, voir notre dossier sur la pompe à chaleur.
Ce que montre la campagne de mesures
- PAC air/eau (90 installations en maison individuelle) : COP compris entre 1,8 et 4,5, pour une moyenne de 2,9. Environ un tiers des installations ont un COP inférieur à 2,5. Les performances sont inférieures d'environ 30 % dans le nord par rapport au sud, et plus faibles pour la production d'eau chaude sanitaire.
- PAC géothermiques (10 installations) : COP entre 2,4 et 7,5, moyenne de 4,1. Elles sont moins sensibles au climat et permettent un rafraîchissement passif l'été (voir notre dossier géothermie).
- PAC air/air (étude de 88 ménages et essais en laboratoire) : en moyenne, elles ont divisé par deux l'électricité utilisée pour le chauffage par rapport à l'équipement remplacé, le plus souvent des radiateurs électriques. L'Ademe juge que leur efficacité réelle mérite des études complémentaires (voir notre dossier sur la climatisation réversible).
Premier enseignement : sur les PAC air/eau, les performances réelles correspondent aux données des fabricants. Le problème n'est pas la technologie, c'est la dispersion : de 1,8 à 4,5, la facture de chauffage peut varier du simple au plus que double selon l'installation.
Pourquoi certaines PAC performent moins
L'Ademe relève plusieurs causes, presque toutes liées à la pose et au réglage :
- Un mauvais réglage : environ un tiers des installations sont mal ajustées et pourraient être optimisées rapidement, notamment en abaissant la température de l'eau (réglage de la loi d'eau).
- Des radiateurs mal dimensionnés : plus l'émetteur est grand, plus l'eau peut être tiède, et meilleur est le COP.
- Le climat et l'eau chaude sanitaire, qui tirent la moyenne vers le bas.
- Le manque de formation de certains installateurs et l'absence d'entretien régulier.
Combien ça fait gagner ?
Selon les chiffres de l'Ademe rapportés par Hello Watt, isoler le logement ou installer une PAC divise chacun la facture d'énergie par deux ; faire les deux la divise par quatre. L'exemple cité : une maison non isolée chauffée au gaz coûte environ 2 000 € par an, contre 482 € pour une maison isolée équipée d'une PAC performante. Une enquête UFE/AFPAC auprès d'environ 900 ménages d'Occitanie va dans le même sens : 97 % constatent une baisse de facture, dont 54 % de 25 à 50 %. Ces économies ne tiennent pas compte du coût d'investissement.
Les bons réflexes avant et après la pose
- Faire réaliser une étude des déperditions pour dimensionner la PAC, plutôt qu'au doigt mouillé.
- Vérifier que les radiateurs existants sont compatibles avec une eau à basse température, ou prévoir leur remplacement.
- Demander le réglage de la loi d'eau et la remise des paramètres à la réception des travaux.
- Suivre sa consommation électrique pendant le premier hiver et faire revoir les réglages en cas de dérive.
- Souscrire un contrat d'entretien. Pour la régulation, voir notre dossier thermostat et régulation.
Les aides : un calendrier qui change
Les aides à la pose évoluent au 1er janvier 2027 (aide unique financée par les certificats d'économies d'énergie, voir notre actualité sur le plan d'électrification), et le leasing de PAC destiné aux ménages modestes est en cours de déploiement. Comparez toujours le devis, le réglage prévu et le COP annoncé à la température de fonctionnement réelle.
Sources : Ademe, « Avis sur les performances réelles des pompes à chaleur » ; Techniques de l'ingénieur (17/10/2025) ; Hello Watt (07/10/2025) ; enquête UFE/AFPAC citée par Techniques de l'ingénieur. Chiffres de l'avis Ademe repris par la presse, document original non consulté.
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