Repowering éolien : remplacer les anciennes éoliennes pour produire plus
Les premiers parcs français ont plus de vingt ans. Le repowering les remplace par moins de machines, plus puissantes : explications, exemples et poids croissant dans les appels d'offres.
Par Adrien Tournel · Publié le
Les premières éoliennes françaises ont plus de vingt ans. Plutôt que de les démonter sans les remplacer, les exploitants peuvent les renouveler : c'est le repowering.

De quoi parle-t-on ?
Le repowering consiste à remplacer d'anciennes éoliennes par des modèles plus puissants et en général moins nombreux, sur un site déjà équipé et raccordé. Les machines passent d'environ 800 kW à près de 4 MW, avec jusqu'à 180 m en bout de pale.
Deux exemples concrets
- Kergrist (Morbihan) : à l'été 2024, 11 éoliennes ont été remplacées par 7 nouveaux mâts, ce qui a triplé la production du site.
- Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) : un parc de 8 éoliennes (7,6 MW, mis en service en 2003, environ 15 GWh par an) a été remplacé par 6 machines pour 11,2 MW, soit environ +50 % de puissance et plus de 24 GWh attendus par an (+60 %), pour 13 M€.
Les avantages mis en avant
- Plus d'électricité sur un site au vent déjà connu, avec moins de mâts.
- Un raccordement et des accès déjà existants.
- Pour l'exemple de Rivesaltes, une intensité carbone estimée à 9,9 gCO2eq/kWh et 12 300 tCO2eq économisées sur 20 ans, recyclage compris.
Les points de débat
Les professionnels demandent un cadre réglementaire plus clair pour simplifier ces remplacements. Les opposants y voient parfois « une bonne excuse pour aller plus haut ». Le démantèlement reste à la charge de l'exploitant, avec une garantie d'au moins 50 000 € par éolienne dès la mise en service.
Un poids croissant dans les appels d'offres
À la 11e période de l'appel d'offres éolien terrestre (délibération CRE du 24 juin 2026), le repowering représente 27 % de la puissance déposée (641 MW, contre 13 % en moyenne depuis 2021). Il obtient 535 MW sur les 808 MW de lauréats proposés, avec un taux de retenue de 83 % contre 16 % pour les parcs neufs, et un prix moyen de 76,84 €/MWh. Ces projets remplaceraient 337 MW pour un gain net de 199 MW. Entre les périodes 1 et 10, la CRE avait retenu 72 % de la puissance repowering déposée, contre 56 % pour le hors repowering.
Lire l'actualité : AO éolien terrestre, 11e période. Contexte : l'éolien terrestre en France.
Sources : CRE (délibération 2026-129), Hellowatt (février 2026), Techniques de l'Ingénieur (2023). Le nombre total de parcs concernés en France n'est pas chiffré ici.