Autoconsommation solaire en 2026 : plus de prime, surplus à 1,1 c€/kWh, démarches et rentabilité
Depuis le 5 juin 2026, la prime à l'autoconsommation a disparu et le surplus est racheté 1,1 centime le kWh. Démarches, TVA à 5,5 %, fiscalité et calcul de rentabilité.
Par Adrien Tournel · Publié le · mis à jour le 25 octobre 2026
Produire une partie de son électricité avec des panneaux solaires reste possible et utile, mais les règles ont changé le 5 juin 2026 : la prime à l'autoconsommation a disparu et le surplus est désormais racheté 1,1 centime par kWh. Ce dossier fait le point sur ce qui existe encore, les démarches et la manière de juger la rentabilité.

Autoconsommation avec vente du surplus : le principe
Vous consommez d'abord l'électricité produite par votre toiture ; l'excédent est injecté sur le réseau et acheté par EDF Obligation d'achat (EDF OA) ou une entreprise locale de distribution, dans le cadre d'un contrat de 20 ans. Seules les installations en toiture, hangar ou ombrière, d'au plus 100 kWc, relèvent de ce dispositif ; les panneaux au sol et les kits « prêts à brancher » en sont exclus, selon les sites spécialisés consultés. La vente de la totalité de la production est fermée aux installations résidentielles jusqu'à 9 kWc depuis mars 2025.
Ce qui a changé au 5 juin 2026
Un arrêté du 1er juin 2026, publié au Journal officiel le 4 juin, a supprimé la prime à l'autoconsommation pour les demandes complètes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026. Les dossiers antérieurs conservent la prime et le tarif en vigueur à la date de leur demande. Le tarif de rachat du surplus est de 1,1 c€/kWh hors TVA pour les installations jusqu'à 100 kWc. Le texte de l'arrêté, publié au Journal officiel du 4 juin 2026 (NOR ECOR2609281A), précise que ce tarif est indexé de 2 % par an à chaque date anniversaire du contrat, et que l'électricité injectée au-delà d'un plafond annuel de 1 600 heures de la puissance installée (soit 1 600 kWh par kWc et par an) n'est pas éligible au tarif. Le contrat dure 20 ans à compter de la mise en service. Pour les installations de 9 kWc ou moins, seule la vente avec injection du surplus est éligible, et l'installateur doit être qualifié ou certifié. Le fait que le tarif ne soit versé que lorsque le prix de marché est positif, avancé par EDF Solutions solaires, n'apparaît pas dans les passages de l'arrêté que nous avons lus.
Pour mémoire, la prime était calculée à partir d'un barème trimestriel de la CRE, qui avait déjà fortement baissé depuis 2023 (graphique ci-dessus pour la tranche 3 à 9 kWc).
La TVA à 5,5 % pour les petites installations
La TVA sur les installations jusqu'à 9 kWc passe à 5,5 % au lieu de 10 %, sous conditions : bâtiment de plus de deux ans et installateur RGE. C'est aujourd'hui le principal coup de pouce public.
Les démarches, étape par étape
- Déclaration préalable de travaux en mairie (un mois d'instruction, acceptation tacite ; plus long en zone protégée).
- Pose par un professionnel RGE, puis attestation du Consuel.
- Demande de raccordement auprès d'Enedis, qui valide la mise en service ; l'opération sur compteur Linky est facturée environ 50 euros TTC.
- Contrat de rachat du surplus avec EDF OA (20 ans, non renouvelable).
- Assurance responsabilité civile couvrant l'installation, en plus de l'assurance habitation.
Fiscalité du surplus
Selon EDF Solutions solaires, les revenus de la vente sont exonérés sous conditions en dessous de 3 kWc mais restent à déclarer ; au-delà, ils sont imposables avec un abattement de 71 %, puis soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Vérifiez votre situation sur impots.gouv.fr.
Est-ce encore rentable ?
Avec un surplus payé 1,1 c€/kWh, chaque kilowattheure injecté rapporte très peu, alors que chaque kilowattheure autoconsommé évite d'acheter l'électricité du réseau. La rentabilité repose donc presque entièrement sur le taux d'autoconsommation : faire tourner chauffe-eau, lave-linge ou recharge de voiture aux heures de soleil. Un site de conseil en aides évoque un retour sur investissement de 7 à 12 ans, mais cette estimation commerciale dépend du prix de l'installation, de l'orientation et de vos usages : demandez plusieurs devis et un calcul sur vos données de consommation.
La batterie améliore le taux d'autoconsommation mais reste chère : voir notre dossier sur la batterie domestique et, pour l'alternative logicielle, la batterie virtuelle. Un chauffe-eau thermodynamique ou un pilotage intelligent peuvent aussi absorber le surplus : voir le dossier chauffe-eau et Matter et la gestion de l'énergie.
Points à vérifier avant de signer
- La date de dépôt de la demande complète de raccordement fixe le tarif applicable.
- La page « tarif de vente ≤ 100 kWc » de photovoltaique.info pour les conditions d'application et les dates exactes.
- Le devis : puissance, production annuelle estimée, garanties de l'onduleur et des panneaux.
Sources : EDF Solutions solaires ; La Prime Énergie ; QuelleEnergie. Le tarif, l'indexation et le plafond ont été vérifiés dans le texte de l'arrêté du 1er juin 2026 (Journal officiel du 4 juin 2026) ; les autres chiffres restent issus des sources citées.
Mise à jour du 23 octobre 2026
Précision sur la TVA : d'après la doctrine fiscale (Bofip, actualité du 10 juin 2026), le taux de 5,5 % exige un système de gestion de l'énergie pilotant automatiquement au moins deux usages, et une batterie non accessoire fait repasser l'opération à 20 %. Les conditions de la TVA décrites plus haut sont à confirmer sur votre devis. À lire aussi : le comparatif des équipements, le dimensionnement et le taux d'autoconsommation et le nouveau barème de raccordement Enedis.
À lire aussi : chauffe-eau et solaire : valoriser son surplus dans le ballon.