Bateaux électriques : un ferry de 40 MWh arrive en Uruguay, l'Australie lance son premier ferry 100 % électrique
Le plus grand navire à batterie du monde, le China Zorrilla, a rejoint l'Uruguay en septembre 2026. Ailleurs, des ferries plus modestes servent de bancs d'essai à l'électrification du transport maritime.
Par Adrien Tournel · Publié le
Le transport maritime reste l'un des secteurs les plus difficiles à électrifier : il faut embarquer beaucoup d'énergie, et les trajets sont longs. Mais sur les liaisons courtes, les batteries commencent à changer d'échelle.
China Zorrilla : 40 MWh à bord
Construit par le chantier Incat à Hobart (Tasmanie) pour l'opérateur uruguayen Buquebus, ce catamaran à grande vitesse de 130 m est arrivé à Nueva Palmira (Uruguay) le 11 septembre 2026 à bord d'un cargo, puis a été mis à flot. Il embarque plus de 5 000 batteries pour une capacité de 40 MWh, soit environ 90 minutes d'autonomie, et alimente huit hydrojets électriques.
- 2 100 passagers et 225 véhicules ;
- liaison prévue entre Colonia del Sacramento et Buenos Aires (environ 30 milles nautiques, une heure de traversée), trois fois par jour ;
- commande passée en 2019, d'abord en diesel, puis transformée en tout-électrique ; lancement dans la rivière Derwent en mai 2025.
Le navire doit être remorqué à Colonia pour sa mise en service et ses essais. Buquebus n'a pas annoncé de date d'exploitation commerciale, et les infrastructures de recharge à quai restent le point clé à suivre.
L'Australie prépare son premier ferry 100 % électrique
À une tout autre échelle, Volvo Penta et le chantier Aus Ships développent un ferry à passagers expérimental, annoncé pour la fin 2026 avant une exploitation commerciale. Il associe deux systèmes IPS450E de 250 kW par ligne d'arbre, une batterie de 460 kWh et des panneaux solaires. Pendant la phase de démonstration, un groupe électrogène Volvo Penta D4 servira de prolongateur d'autonomie pour recueillir des données de coût, d'autonomie, de maintenance et de fiabilité. Le projet est soutenu par 2 millions de dollars australiens de l'initiative ASLET (Australie-Singapour), coordonnée par le CSIRO et l'autorité maritime de Singapour.
Ce que cela change

Le contraste est parlant : 460 kWh d'un côté, 40 000 kWh de l'autre. Les prochains mois diront si les ports sauront fournir des puissances de recharge de plusieurs dizaines de mégawatts. Côté batteries, les technologies décrites dans nos articles sur le sodium-ion et les batteries solides visent justement à améliorer la densité d'énergie, aujourd'hui très inférieure à celle des carburants liquides, comme dans l'aviation électrique.
Sources : Figaro Nautisme (10/05/2026), To Vima / Reuters (17/09/2026).