Bilan RTE : un semestre record, 95,2 % d'électricité décarbonée et 51 TWh exportés
Selon le bilan de RTE pour le premier semestre 2026, la France a produit 284,3 TWh (+4,6 %), dont 95,2 % d'électricité décarbonée, et exporté un solde record de 51 TWh.
Par Adrien Tournel · Publié le · mis à jour le 12 octobre 2026
Dans son bilan du premier semestre 2026, publié en juillet, RTE confirme que la production française a continué de croître, avec un niveau de décarbonation inédit, et que le solde des échanges a atteint un niveau historique pour un premier semestre.

Les chiffres clés
- Production totale : 284,3 TWh, soit +12,5 TWh (+4,6 %) par rapport au premier semestre 2025.
- 95,2 % d'électricité décarbonée, un niveau inédit pour un premier semestre.
- Consommation corrigée : 230,6 TWh (+1 %, soit +2,2 TWh). La consommation brute, non corrigée, est restée stable sous l'effet d'un hiver chaud.
- Solde exportateur : 51,0 TWh, contre 43 TWh au premier semestre 2024 et 38 TWh (37,8) au premier semestre 2025.
- Émissions de CO₂ : 4,9 Mt éq. CO₂, soit -9,1 % sur un an et le plus faible niveau jamais observé pour un premier semestre.
Qui a produit quoi ?
La hausse de production est portée par le nucléaire (189,8 TWh, +7,9 TWh), l'éolien (26,4 TWh, +3,2 TWh) et le solaire (19,0 TWh, +2,8 TWh). L'hydraulique recule légèrement (34,5 TWh, -0,4 TWh) et la production fossile baisse de 1,0 TWh pour atteindre 9,3 TWh.
Plus de la moitié de la hausse nucléaire (4,5 TWh) vient de l'EPR de Flamanville, dont les essais à pleine puissance ont débuté en décembre 2025. Le reste du parc profite d'une meilleure disponibilité (73,9 % contre 73,0 %) et a moins modulé sa production.
Des exportations vers presque tous les voisins
Le solde est exportateur vers toutes les frontières, sauf l'Espagne où il est proche de l'équilibre (légèrement importateur, -1,0 TWh) : 14,4 TWh vers l'Italie, 13,9 TWh vers l'Allemagne et la Belgique, 12,4 TWh vers la Grande-Bretagne et 11,3 TWh vers la Suisse. En moyenne, la France a exporté 11,7 GW, soit la production d'environ 12 réacteurs.

En tenant compte des flux jusqu'à leur destination ultime, un tiers des exportations françaises (34 %) finit en Italie. Leur valorisation nette atteint environ 3,0 milliards d'euros, la plus élevée jamais enregistrée pour un premier semestre (+0,6 Md€ sur un an).
Un système qui module davantage
Les volumes de modulation de la production renouvelable pendant les épisodes de prix négatifs atteignent 2,5 TWh, contre 1,9 TWh au premier semestre 2025, soit de l'ordre de 5 % de la production éolienne et solaire. La modulation du parc nucléaire tombe à environ 10 TWh, contre 15 à 20 TWh un an plus tôt. Par ailleurs, la puissance d'installations solaires et éoliennes participant au mécanisme d'ajustement de RTE a été multipliée par quatre pour atteindre près de 22 GW en juin 2026.
Ces exportations s'appuient sur les interconnexions. Elles s'accompagnent d'épisodes de prix négatifs, au nombre de 407 heures sur le semestre.
Et pour l'été ?
RTE juge la situation favorable : pointes de consommation autour de 51 GW à température normale, disponibilité nucléaire d'environ 45 GW en moyenne jusqu'à fin août, stocks hydrauliques satisfaisants. La France devrait rester nettement exportatrice.
Source : RTE, Bilan du premier semestre 2026 et perspectives sur la sécurité d'approvisionnement en électricité pour les prochains mois, juillet 2026 (document PDF, 56 pages ; synthèse p. 4-7).