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EDF : résultats semestriels 2026, un nucléaire en hausse mais des prix de marché qui pèsent

EDF a produit 8 TWh de nucléaire de plus en France au premier semestre 2026, mais la baisse des prix de marché fait reculer son EBITDA à 14,1 Md€ et son résultat net à 5,2 Md€.

Par Adrien Tournel · Publié le · mis à jour le 14 octobre 2026

Logo d'EDF : étoile orange à cinq pétales et lettres « edf » en bleu foncé
Logo d'EDF © EDF

EDF a publié le 31 juillet 2026 ses résultats du premier semestre, arrêtés par son conseil d'administration le 30 juillet. Le groupe affiche une production de 262,1 TWh, dont 189,9 TWh de nucléaire en France, soit 8 TWh de plus qu'au premier semestre 2025. Mais la baisse des prix de marché pèse sur les comptes : l'EBITDA recule à 14,1 Md€ (15,5 Md€ un an plus tôt, -8,7 % en organique).

Histogramme de l'EBITDA d'EDF : 15,5 Md€ au S1 2025 contre 14,1 Md€ au S1 2026
EBITDA semestriel d'EDF © EDF / schéma WattNeuf

Les chiffres clés du semestre

  • Chiffre d'affaires : 57,4 Md€ (59,4 Md€ au S1 2025).
  • EBITDA : 14,1 Md€ contre 15,5 Md€.
  • Résultat net part du Groupe : 5,2 Md€ contre 5,5 Md€ (-4,4 %). Le résultat net courant, lui, tombe de 5,5 à 4,0 Md€, principalement à cause du recul de l'EBITDA.
  • Cash-flow opérationnel : 2,6 Md€ ; cash-flow : 1,1 Md€ contre 4,3 Md€ (le S1 2025 avait été marqué par une prime d'émission de 2 Md€ versée à l'État). Un dividende de 1 Md€ au titre de 2025 a été versé le 30 juillet 2026.
  • Endettement financier net : 51,5 Md€, stable par rapport à fin 2025, soit 1,8 fois l'EBITDA.
  • Investissements nets : 11,4 Md€, stables, consacrés surtout au Grand Carénage, à Hinkley Point C, à l'EPR2 et aux réseaux.

Un parc nucléaire plus productif

La production nucléaire du groupe progresse de 4,2 TWh à 206,5 TWh. En France, la hausse de 8 TWh reflète, selon EDF, « la bonne disponibilité des réacteurs en fonctionnement, des arrêts de tranche bien maîtrisés et toujours une forte modulation de 13,3 TWh » (18,3 TWh au S1 2025, services-système et mécanisme d'ajustement compris). L'hydraulique reste stable à 26 TWh (20,8 TWh après pompage, contre 21,8 TWh), tandis que l'éolien et le solaire progressent de 6 % à 17 TWh. Avec 95 % de production décarbonée, l'intensité carbone du groupe est de 26,5 gCO₂/kWh. La production contribue au record d'export de la France, à 51 TWh.

Pourquoi l'EBITDA recule

Dans les activités de production et de commercialisation en France, l'EBITDA chute de 15,4 % à 6,2 Md€ (7,3 Md€ au S1 2025). Les prix de marché pèsent pour 1,0 Md€ ; la hausse de la production nucléaire ne compense que partiellement (+0,4 Md€), tout comme la baisse de l'hydraulique (-0,1 Md€), et la taxe sur les installations nucléaires de base augmente de 0,6 Md€ en 2026. Au Royaume-Uni, l'EBITDA recule de 17,5 % (production nucléaire en baisse de 1,7 TWh) ; les activités régulières en France reculent de 1,4 % (4,1 Md€). À l'inverse, Framatome, Dalkia et EDF Trading progressent.

Canicules de juin et juillet

Pour respecter la réglementation environnementale, trois réacteurs ont été arrêtés et neuf ont réduit leur puissance au pic des canicules, avec des niveaux de production restant suffisants pour répondre à la demande (environ 10 GW d'exports par jour en moyenne). EDF a lancé un plan d'adaptation de 8,7 Md€ d'ici 2040 pour ses activités nucléaires, hydrauliques et insulaires ; Enedis prévoit 15 Md€ d'ici 2040. Pour l'impact sur l'ensemble de l'été, lire notre article Été 2026 : canicules et sécheresse.

Perspectives

  • EBITDA 2026 attendu en baisse d'environ 10 % par rapport à 2025, dans un contexte de baisse des prix de marché et de canicules.
  • Production nucléaire en France estimée à 350-370 TWh en 2026 et 2027, et à 345-375 TWh en 2028, avec un objectif de productible supérieur à 400 TWh.
  • Objectifs 2027 confirmés : endettement financier net / EBITDA ≤ 2,5 x ; dette économique ajustée / EBITDA ajusté ≤ 4 x.

Les projets nucléaires

Côté EPR2, EDF cite le démarrage au Creusot de l'atelier de fabrication des internes de cuves de Framatome, le dépôt de la demande d'autorisation de création de Gravelines et l'ouverture de l'enquête approfondie de la Commission européenne sur le soutien de l'État. Le Grand Carénage se poursuit : début des 4es visites décennales des réacteurs de 1 300 MW, remplacement des générateurs de vapeur de Flamanville 2, et instruction des 5es visites décennales en vue d'une durée de vie de 60 ans. Au Royaume-Uni, un accord de contrat pour différence à 70,5 £/MWh prolonge Sizewell B de 2035 à 2055.

Source : EDF, communiqué de presse « Résultats semestriels 2026 », 31 juillet 2026 (edf.fr).

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