Flamanville 3 à l'arrêt pour 350 jours : première visite complète et nouveau couvercle de cuve
Depuis le 26 septembre 2026, l'EPR de Flamanville est arrêté pour sa première visite complète : 350 jours, 20 000 opérations et le remplacement du couvercle de cuve.
Par Adrien Tournel · Publié le · mis à jour le 19 octobre 2026
L'EPR de Flamanville a été déconnecté du réseau le 26 septembre 2026 pour sa première visite complète, prévue pour durer 350 jours (Connaissance des Énergies, 23/09/2026). Le réacteur, d'une puissance nette de 1 600 MW, n'a donc pas vocation à produire avant l'automne 2027 si le calendrier est tenu : la durée annoncée situerait le retour vers septembre 2027, ce qui reste une estimation et non une date communiquée par EDF.
Une visite réglementaire, pas une panne
Cette visite complète devait avoir lieu dans les 30 mois suivant le chargement du combustible, intervenu le 8 mai 2024. Trois grands contrôles sont au programme : la cuve du réacteur, le circuit primaire et l'étanchéité des circuits hydrauliques. L'opération mobilise environ 2 500 personnes, 200 entreprises partenaires et quelque 20 000 activités. Elle est plus longue que les visites complètes de Chooz ou de Civaux (190 à 200 jours) en raison du nombre de contrôles prévus. EDF en évalue le coût à plusieurs centaines de millions d'euros.

Le couvercle de cuve remplacé

L'arrêt sert aussi à changer le couvercle de la cuve. En avril 2015, l'ancienne autorité de sûreté avait rendu public une anomalie de composition de l'acier ; l'ASNR a demandé son remplacement. Le nouveau couvercle, fabriqué par Framatome à Saint-Marcel (Saône-et-Loire), pèse environ 99 tonnes pour 5,75 m de diamètre et 105 pénétrations (89 pour les mécanismes de commande des grappes, 16 pour l'instrumentation). Il est arrivé sur le site le 16 juin 2026. L'ancien couvercle sera entreposé deux ans sur place avant de rejoindre un centre de stockage de l'Andra dans l'Aube.

Ce que le réacteur a produit
Depuis son raccordement fin 2024, Flamanville 3 a produit 9,9 TWh. Il a atteint 100 % de puissance mi-décembre 2025 et dépassé son objectif 2026 de 7 TWh le 3 septembre. Le réacteur avait déjà connu plusieurs arrêts, dont environ trois semaines en janvier 2026 après la tempête Goretti et une dizaine de jours en juillet (ECOinfos, 17/07/2026).
Un incident dans la phase d'arrêt
Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2026, pendant la mise à l'arrêt et le refroidissement du réacteur, les équipes ont perdu les mesures du bore-mètre, qui suit la concentration en bore du circuit primaire. L'injection de sûreté et les diesels de secours se sont déclenchés automatiquement ; les équipes les ont arrêtés rapidement. Des analyses manuelles ont confirmé que la concentration en bore respectait les spécifications, et la préfecture ainsi que l'ASNR ont été tenues informées (EDF, 01/10/2026).
Quelles conséquences pour l'électricité ?
Sur un parc qui produit 350 à 370 TWh par an, un réacteur de 1 600 MW pèse peu à lui seul, mais EDF le comptait dans son objectif de productible : voir notre dossier sur le parc nucléaire. L'enjeu sera de suivre, dans les prochains relevés mensuels d'EDF, l'effet de cet arrêt sur la production cumulée, alors que les prix à terme sont déjà élevés (notre actu sur le contrat 2027).
Sources : Connaissance des Énergies / AFP (23/09/2026), EDF (« Début de la visite complète n°1 », 26/09/2026 ; « Actualité de l'unité de production n°3 », 01/10/2026 ; « Le nouveau couvercle de cuve est arrivé sur site », 16/06/2026), ECOinfos (17/07/2026).