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Fusion : Washington propose jusqu'à 260 millions de dollars à Helion et CFS pour fabriquer leurs puces de puissance aux États-Unis

Le département américain du Commerce a signé des lettres d'intention avec Helion (jusqu'à 175 M$) et Commonwealth Fusion Systems (jusqu'à 85 M$). L'argent du CHIPS Act doit financer l'électronique de puissance dont les futures centrales à fusion auront besoin.

Par Adrien Itarnel · Publié le

Vue plongeante d'un grand hall blanc où des éléments métalliques circulaires d'un tokamak sont assemblés sur des supports orange
Le hall d'assemblage du tokamak SPARC de Commonwealth Fusion Systems, à Devens (Massachusetts), en octobre 2026 © Commonwealth Fusion Systems

La fusion nucléaire a besoin d'aimants géants, mais aussi d'une électronique capable de les alimenter. C'est ce maillon que vise le département du Commerce des États-Unis : fin octobre 2026, il a signé quatre lettres d'intention pour un total pouvant atteindre 389 millions de dollars au titre du CHIPS and Science Act de 2022, la loi qui soutient l'industrie américaine des semi-conducteurs. Deux concernent des entreprises de fusion : Helion, pour jusqu'à 175 millions de dollars, et Commonwealth Fusion Systems (CFS), pour jusqu'à 85 millions. Les deux autres bénéficiaires sont Vertical Semiconductor (73 M$) et Sibelco (56 M$).

Vue plongeante d'un grand hall blanc où des éléments métalliques circulaires d'un tokamak sont assemblés sur des supports orange
Le hall d'assemblage du tokamak SPARC de Commonwealth Fusion Systems, à Devens (Massachusetts), en octobre 2026 © Commonwealth Fusion Systems

Helion : des semi-conducteurs haute tension pour la fusion pulsée

Helion développe une fusion « magnéto-inertielle » pulsée : des impulsions magnétiques très brèves compriment le plasma, puis l'énergie est récupérée directement dans les bobines. Cela exige des composants capables de commuter de très fortes tensions et de très forts courants. Selon l'American Nuclear Society (ANS), l'aide servira à des semi-conducteurs haute tension plus efficaces et plus durables et à des modules de puissance pour applications pulsées : plus de 100 M$ pour la recherche sur l'encapsulation des composants, environ 80 M$ pour l'outillage, la conception et les procédés. Avec l'investissement privé, le programme atteint 225 M$. En contrepartie, l'État prendrait une participation minoritaire, sans droit de vote, une fois l'accord définitif signé.

Helion, qui a annoncé en octobre une levée de 465 millions de dollars, construit sa première centrale, Orion, destinée à alimenter Microsoft (voir notre article).

CFS : de l'électronique pour SPARC et ARC

Pour CFS, dont le tokamak SPARC est en cours d'assemblage dans le Massachusetts (notre article sur SPARC), la lettre d'intention porte sur 85 millions de dollars proposés. Brandon Sorbom, directeur scientifique de l'entreprise, détaille cinq axes sur le blog de CFS (22 octobre) :

  • électronique de puissance au carbure de silicium pour alimenter les aimants pulsés du tokamak ;
  • générateurs radiofréquence à semi-conducteurs pour chauffer le plasma ;
  • intelligence artificielle appliquée à la fusion, dont un jumeau numérique de SPARC ;
  • électronique de contrôle plus rapide ;
  • électronique durcie contre les radiations pour la future centrale ARC et ses robots de maintenance.

Une étape, pas encore un chèque

Ces lettres d'intention ne valent pas attribution : les montants sont « proposés » et doivent encore faire l'objet d'accords définitifs, sans calendrier public. Le signal est néanmoins clair : Washington traite la fusion comme une filière industrielle à part entière, dont la chaîne d'approvisionnement (puces, aimants supraconducteurs, robotique) doit être localisée aux États-Unis. Le même mouvement s'observe en Europe et au Japon, où les start-up de stellarators Proxima Fusion, Gauss Fusion et Helical Fusion multiplient les accords industriels.

Sources : Commonwealth Fusion Systems, 22 octobre 2026 ; American Nuclear Society, 28 octobre 2026 ; GeekWire ; The Fusion Report.

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