Plan d'électrification, phase 2 : 2 000 € pour les voiturettes, 11 000 € pour les utilitaires, des prix de recharge affichés
Le gouvernement a dévoilé le 15 octobre la deuxième phase de son plan d'électrification : aides pour les voiturettes, utilitaires, bus et cars, prime pour une borne pilotable et affichage obligatoire des prix de recharge, le plus souvent dès 2027.
Par Adrien Tournel · Publié le · mis à jour le 19 octobre 2026
Le gouvernement a présenté le 15 octobre la deuxième phase de son plan d'électrification, « Électrifions la France ». Côté transports, plusieurs mesures concrètes sont annoncées, pour la plupart dès le 1er janvier 2027 : une aide pour les petites voitures électriques européennes, un coup de pouce renforcé pour les utilitaires des artisans, de nouvelles aides pour les bus et les cars, une prime pour une borne pilotable et, enfin, plus de transparence sur les prix de la recharge publique.

Voiturettes : 2 000 € pour les quadricycles L7

Une aide « portée à 2 000 € » vise les quadricycles lourds (catégorie L7, jusqu'à 90 km/h) assemblés dans l'Espace économique européen, pour les ménages comme pour les entreprises, à partir du 1er janvier 2027. Selon le dossier de presse officiel, un véhicule L7 neuf coûterait « aux alentours de 10 000 € aides déduites ». Les quadricycles légers L6 (45 km/h) sont aussi concernés, mais le montant n'est pas précisé. L'objectif : 15 000 L6 électriques produits en Europe soutenus en 2027 et, à terme, 150 000 L7 produits en Europe vendus en 2030. Si la condition d'assemblage européen s'applique aux L6, la Citroën Ami et la Fiat Topolino, fabriquées au Maroc, pourraient être exclues : les critères définitifs restent à publier. Pour comprendre ces catégories, voir notre dossier sur les voiturettes électriques.
Utilitaires : jusqu'à 11 000 € et permis B jusqu'à 4,25 t
- Prime supplémentaire pour les TPE/PME, notamment les artisans du BTP, pour un utilitaire électrique assemblé en Europe : au total, le soutien peut atteindre 11 000 € en cumulant la prime CEE en vigueur depuis le 1er juin 2026, dès le 1er janvier 2027. L'objectif est que 20 000 utilitaires bénéficient du soutien, grâce à un engagement en volume des constructeurs européens et à une charte d'encadrement des loyers.
- Permis B jusqu'à 4,25 tonnes pour un utilitaire électrique (contre 3,5 t aujourd'hui), afin de compenser le poids des batteries, qui peut coûter jusqu'à 200 kg de charge utile. Cette mesure, prévue au 1er janvier 2027, suppose une adaptation de la loi en cohérence avec la directive européenne.
- Prêts bonifiés : 100 millions d'euros issus des CEE doivent soutenir environ 1 milliard d'euros de prêts à environ 1,5 %, contre environ 3,7 % sur le marché. L'Ademe lance son appel aux banques partenaires le 1er décembre 2026, les prêts seront disponibles le 1er février 2027.
Pour un tour d'horizon des modèles et des aides existantes, voir notre dossier Utilitaires électriques.
Bus et cars : jusqu'à 130 000 €
Pour les bus et cars électriques fabriqués en Europe, l'aide peut atteindre 130 000 € pour un bus de grande capacité et 123 000 € pour un car. Elle s'applique aux bus dès maintenant et aux cars à partir du 1er janvier 2027, et vise les collectivités et leurs opérateurs. L'objectif officiel : au moins 1 000 autobus et autocars électriques en 2027. Voir aussi notre dossier Bus et cars électriques.
Recharge : une borne pilotable à 500 € et des prix enfin lisibles
Le plan prévoit une prime de 500 € pour une borne de recharge pilotable à domicile, intégrée à la prime CEE, dès le 1er janvier 2027. Le dossier de presse précise qu'elle vise l'installation d'une borne pilotable en maison individuelle ; il ne parle pas du véhicule d'occasion (Roole l'associe à l'achat d'un VE d'occasion, ce que le document officiel ne confirme pas). Pour un conducteur type, le pilotage dynamique ferait passer le budget recharge annuel de 420 € à 270 € (environ 150 €, soit −35 %), et jusqu'à 300 € d'économies avec un pilotage bidirectionnel. Voir notre guide de la recharge à domicile.
Sur les bornes publiques, le gouvernement veut rendre obligatoires :
- l'affichage du prix en €/kWh et de la puissance instantanée réellement délivrée sur les bornes rapides de plus de 50 kW ;
- une note de paiement détaillée pour toutes les bornes, y compris celles de moins de 50 kW.
Les nouvelles stations devront s'y conformer en avril 2027, les stations existantes en novembre 2027. L'arrêté correspondant doit être mis en consultation d'ici le 1er novembre 2026 (dossier de presse officiel). Cette annonce intervient alors que la fiabilité des bornes se dégrade : le dernier baromètre de l'Avere (fin septembre) donne 85,2 % de disponibilité pour les bornes DC jusqu'à 150 kW, contre 92,2 % un an plus tôt (voir notre point sur le baromètre et le guide des bornes publiques).
Ce qu'il faut retenir
Presque toutes ces mesures démarrent en 2027 et plusieurs dépendent encore de textes (arrêtés, loi de finances 2027) : les montants et conditions définitifs restent à confirmer. Les aides à l'achat d'une voiture électrique (coup de pouce CEE, leasing social) sont détaillées dans notre article sur les aides.
Sources : dossier de presse « Électrifions la France ! » (gouvernement, 15/10/2026) ; economie.gouv.fr, « Lancement de la seconde phase du plan d'électrification » (15/10/2026) ; Automobile Propre (16 et 17/10/2026) ; AVEM (17/10/2026) ; Auto Infos ; Roole. Les montants sont ceux annoncés dans le dossier de presse du 15 octobre, sous réserve des textes définitifs.