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Précarité énergétique : cinq programmes d'accompagnement perdent leur financement CEE au profit de l'électrification

Slime, Toits d'abord, Territoires zéro exclusion énergétique, Tims et Actee ne seront plus financés par les certificats d'économies d'énergie. Environ 100 millions d'euros sont réorientés vers l'électrification ; les primes pour les travaux restent, l'accompagnement des ménages modestes disparaît.

Par Adrien Itarnel · Publié le

Ouvrier ganté posant de la laine minérale rose entre des montants de bois
Pose d'isolant dans une cloison : les programmes supprimés accompagnaient les ménages modestes jusqu'aux travaux © Erik Mclean, Pexels

Le gouvernement a décidé de ne plus financer par les certificats d'économies d'énergie (CEE) plusieurs programmes d'accompagnement des ménages modestes et des collectivités. Les porteurs de projets en ont été informés en octobre, et la décision a été rendue publique le 29 octobre 2026 par un communiqué commun des associations concernées. Le ministère chargé de l'Énergie la justifie par un recentrage des CEE sur l'électrification, qu'il présente comme un « choix de priorisation » et non comme une économie budgétaire.

Ouvrier ganté posant de la laine minérale rose entre des montants de bois
Pose d'isolant dans une cloison : les programmes supprimés accompagnaient les ménages modestes jusqu'aux travaux © Erik Mclean, Pexels

Les programmes concernés

  • Slime (porté par Cler solutions et mis en œuvre par des collectivités) : repérage des ménages en précarité énergétique, visite à domicile, petits équipements. Selon ses porteurs, plus de 120 000 ménages accompagnés depuis 2013, pour une économie moyenne annoncée de 329 € par an et par ménage.
  • Territoires zéro exclusion énergétique (Stop à l'exclusion énergétique) : accompagnement des ménages très modestes jusqu'aux travaux de rénovation. Lancé en 2023, 2 000 ménages accompagnés ; l'objectif 2026-2030 était de 23 000 ménages dans 35 territoires.
  • Toits d'abord (Fondation pour le logement des défavorisés) : production et réhabilitation de logements très sociaux. Plus de 8 000 logements soutenus depuis 2012, avec une baisse de consommation moyenne de près de 65 % selon la Fondation.
  • Tims (Cler) : solutions de mobilité pour les personnes sans moyen de transport.
  • Actee (FNCCR) : études et ingénierie pour rénover les écoles et bâtiments publics des communes.

Selon Politico, repris par plusieurs médias, ces programmes représentaient environ 100 millions d'euros de CEE en 2026. Le calendrier exact diffère selon les sources : l'AFP indique une perte du financement CEE au 1er janvier 2027, et en 2028 pour Slime et Actee ; Actu-Environnement évoque la fin des missions d'ingénierie d'Actee au 31 décembre 2026, tandis que JeChange mentionne une prolongation d'Actee jusqu'à fin 2027, sans CEE et avec un nombre d'écoles accompagnées revu à la baisse.

Ce qui ne change pas pour les ménages

Les primes CEE versées pour les travaux eux-mêmes restent en place, notamment pour l'installation d'une pompe à chaleur (coup de pouce chauffage) ou dans le cadre du leasing de pompes à chaleur. C'est l'accompagnement — repérage, visite, montage des dossiers, ingénierie pour les communes — qui perd ce financement. Le chèque énergie, financé par le budget de l'État, n'est pas concerné.

Les critiques

Dans leur communiqué du 29 octobre, Cler solutions, la Fondation pour le logement des défavorisés, Stop à l'exclusion énergétique et Soliha estiment que, privés d'accompagnement, les ménages les plus précaires ne pourront ni connaître ni mobiliser les aides publiques. Ils jugent le plan d'électrification « technocratique » et regrettent une décision prise sans concertation. La FNCCR déplore la fin de l'ingénierie Actee pour les communes ; des élus de plusieurs bords ont aussi réagi.

La décision intervient alors que MaPrimeRénov' doit perdre 500 millions d'euros en 2027 dans le projet de budget, et que le gouvernement compte sur les CEE pour financer une part croissante de la rénovation. Ces certificats, payés par les fournisseurs d'énergie et répercutés sur les factures, ne passent pas par le budget voté au Parlement.

Sources

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