Solaire photovoltaïque en France : 33 GW installés, objectif 55 à 80 GW en 2035
Le parc solaire français a franchi les 33 GW début 2026. Comment fonctionne la filière, qui installe quoi, et que prévoit la PPE3 pour la suite ?
Par Adrien Tournel · Publié le · mis à jour le 23 octobre 2026
Avec environ 33 GW de puissance installée au 31 mars 2026, le photovoltaïque est devenu l'une des grandes sources d'électricité du pays. Ce dossier fait le point : de quoi se compose le parc, comment l'électricité d'un panneau est valorisée, quels sont les freins et ce que prévoit la programmation de l'énergie.
Où en est le parc ?
Selon le Service des données et études statistiques (SDES, ministère de la Transition écologique), le parc photovoltaïque français atteignait environ 33 GW au 31 mars 2026, dont 32,1 GW en métropole. Sur le seul premier trimestre, 1 495 MW ont été raccordés, un niveau proche de celui du premier trimestre 2025 (1 571 MW).
Côté production, le photovoltaïque a fourni 6,6 TWh bruts au premier trimestre 2026 (5,9 TWh un an plus tôt). Hors autoconsommation, cela représente 4,6 % de la consommation électrique métropolitaine, soit 0,7 point de plus qu'un an auparavant.
Les données ouvertes d'Enedis, qui ne couvrent que le réseau de distribution qu'il exploite, donnent un chiffre cumulé plus bas (30,8 GW fin juin 2026) : les périmètres diffèrent, il faut donc comparer les chiffres d'une même source.
Trois façons de valoriser un panneau

L'autoconsommation
C'est le modèle des maisons et des petits toits : on consomme sur place ce que l'on produit. D'après le SDES, 62 % des installations (19 % de la puissance) autoconsomment tout ou partie de leur production, ce qui représente 481 GWh au premier trimestre 2026, soit 7 % de la production photovoltaïque.
La vente du surplus et les tarifs d'achat
Les petites installations peuvent injecter l'excédent sur le réseau et le vendre dans le cadre d'un contrat d'achat. Les installations de moins de 9 kW sont les plus nombreuses (74 % des raccordements du trimestre) mais pèsent peu en puissance (7 %).
Les appels d'offres
Les grandes toitures et les centrales au sol passent par des appels d'offres organisés par l'État et instruits par la Commission de régulation de l'énergie (CRE). Les installations de plus de 500 kW ne représentent que 0,3 % des raccordements du premier trimestre, mais 30 % de la puissance nouvellement raccordée.
Un marché qui change de nature
Les données Enedis du deuxième trimestre 2026 montrent un net basculement : 31 194 installations ont été raccordées (51 209 un an plus tôt, soit -39 %), mais pour 1 496 MW contre 1 358 MW (+10 %). La puissance moyenne par installation a presque doublé, de 26,5 kWc à environ 48 kWc. Sur le semestre, 2 914 MW ont été raccordés (+5 %) pour 62 759 installations (-41 %).
L'autoconsommation de moins de 36 kWc recule (27 200 installations au deuxième trimestre, -42 % sur un an) tandis que les projets associés à une batterie progressent : 5 059 projets au deuxième trimestre (+191 %), soit 16 % des projets, et près de 10 000 sur le semestre.
Les freins : réseau, prix et flexibilité
Le solaire produit à midi, quand la demande est souvent la plus faible. Résultat : des prix de marché qui passent sous zéro certains jours de printemps et d'été (voir notre actualité sur les prix négatifs) et un besoin croissant de stockage et de pilotage. La file d'attente de raccordement reste importante : le SDES comptait 36,1 GW de projets en attente au 31 mars 2026, dont 8,4 GW avec une convention de raccordement signée.
Sur le plan géographique, la Nouvelle-Aquitaine, l'Occitanie et l'Auvergne-Rhône-Alpes concentrent 50 % de la capacité raccordée du trimestre.
Ce que prévoit la PPE3
La programmation pluriannuelle de l'énergie, publiée le 13 février 2026, vise entre 55 et 80 GW de photovoltaïque en 2035, contre environ 30 GW en 2025 selon la presse spécialisée, dans un mix qui doit produire 650 à 693 TWh d'électricité décarbonée en 2035. Pour aller plus loin, lisez notre dossier sur la PPE3.
Lors du colloque de l'UFE du 23 juin 2026, la ministre déléguée chargée de l'Énergie a annoncé de nouveaux appels d'offres solaires et éoliens terrestres « cet automne », puis en janvier 2027, en excluant toute pause d'au moins douze mois (propos rapportés par la presse spécialisée). Les volumes et tarifs de référence n'étaient pas précisés.
À retenir
- Parc : environ 33 GW au 31 mars 2026 (SDES), dont 1,5 GW raccordés au premier trimestre.
- Le marché se concentre sur des projets plus grands (grandes toitures) et sur le couplage avec des batteries.
- L'objectif PPE3 est de 55 à 80 GW en 2035 : le raccordement et la flexibilité du système seront décisifs.
Sources : SDES (tableau de bord solaire photovoltaïque, T1 2026, publié le 29 mai 2026), relayé par pv magazine ; données ouvertes Enedis T2 2026 ; ECOinfos (23-24 juin et 15 août 2026).
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