Solaire sur bâtiment : l'appel d'offres de la 12e période sursouscrit plus de cinq fois, à 82,98 €/MWh
Pour la première fois depuis longtemps, l'appel d'offres photovoltaïque sur bâtiments, serres et ombrières affiche une forte concurrence : 1 559 MWc déposés pour 300 MWc appelés, et un prix moyen retenu en net recul.
Par Adrien Tournel · Publié le
La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a rendu, le 11 juin 2026 (délibération n° 2026-120), son avis sur la 12e période de l'appel d'offres PPE2 consacré aux centrales sur bâtiments, serres agrivoltaïques, ombrières et ombrières agrivoltaïques de plus de 500 kWc. Les offres avaient été déposées du 20 au 30 avril 2026.
Une période très disputée
La puissance appelée était de 300 MWc. La CRE a reçu 1 159 dossiers, soit 1 559,28 MWc : 5,2 fois le volume appelé. Elle propose de retenir 326 dossiers pour 300,23 MWc, en tenant compte du volume de 50 MWc réservé en priorité aux projets de moins de 1 MWc.
Le contraste est net avec les périodes précédentes : comme nous l'expliquions dans notre dossier sur le bilan des appels d'offres, le solaire sur bâtiment est resté sous-souscrit jusqu'à mi-2025 (51 % des volumes appelés retenus), probablement, selon la CRE, à cause du guichet ouvert pour les petites installations.
Des prix en baisse
Le prix plafond reste confidentiel, comme depuis la 4e période. Le prix moyen pondéré des dossiers retenus s'établit à 82,98 €/MWh, contre 96,48 €/MWh à la période précédente. Pour mémoire, la CRE avait relevé 104,79 €/MWh à la 4e période et 97,53 €/MWh à la 10e. Ces prix correspondent à un contrat de 20 ans en complément de rémunération.
Ce qui change dans le cahier des charges
- Depuis cette période, les projets peuvent participer sans limitation à des opérations d'autoconsommation individuelle ou collective.
- Plusieurs recommandations de la CRE formulées après la 11e période ont été intégrées dans la version applicable, publiée le 18 février 2026.
- D'autres restent en suspens, notamment sur le certificat d'évaluation carbone simplifiée, le plafonnement de l'énergie des installations à trackers ou les conditions de résiliation des contrats.
La CRE recommande par ailleurs d'harmoniser les appels d'offres photovoltaïques avec le critère de résilience de l'approvisionnement du règlement européen NZIA, de plafonner la notation prix à 70 points et d'élargir la définition de « bâtiment » aux stabulations.
À retenir
Les lauréats définitifs sont désignés par les ministres sur proposition de la CRE : la délibération du 11 juin porte sur les dossiers proposés. Pour replacer ce segment dans la trajectoire du parc, voir notre dossier Solaire photovoltaïque en France.

Source : CRE, délibération n° 2026-120 du 11 juin 2026 ; rapport de la CRE sur les appels d'offres PPE2 (janvier 2026).