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Watt'Prod Dossier

Autoconsommation solaire : dimensionner son installation et consommer sur place, ce que disent l'ADEME et les chiffres

Sans prime et avec un surplus à 1,1 c€/kWh, tout se joue sur le taux d'autoconsommation. Puissance, orientation, usages à décaler et calcul chiffré du retour sur investissement.

Par Adrien Tournel · Publié le

Graphique bleu des taux d'autoconsommation de 25 à 45 % pour une maison et de 55 à 75 % pour 36 à 100 kWc
Fourchettes de taux d'autoconsommation citées par l'ADEME © Schéma WattNeuf d'après ADEME (janvier 2025)

Depuis la suppression de la prime et un surplus racheté 1,1 c€/kWh, la rentabilité d'une installation solaire domestique repose presque entièrement sur un chiffre : la part de la production que l'on consomme soi-même. Ce dossier explique comment la dimensionner, ce que dit l'ADEME des taux réalistes et ce qui les fait varier.

Graphique bleu des taux d'autoconsommation de 25 à 45 % pour une maison et de 55 à 75 % pour 36 à 100 kWc
Fourchettes de taux d'autoconsommation citées par l'ADEME © Schéma WattNeuf d'après ADEME (janvier 2025)

Le taux d'autoconsommation, clé de la rentabilité

Le taux d'autoconsommation est la part de l'électricité produite qui est consommée sur place. Dans son avis de janvier 2025, l'ADEME cite des taux de 25 à 45 % pour une maison équipée de 3 à 9 kWc, et de 55 à 75 % pour une installation de 36 à 100 kWc. Sur le parc, 62 % des installations (19 % de la puissance) autoconsomment une partie de leur production, selon le SDES (voir notre dossier sur le solaire en France).

Plus ce taux est élevé, plus le retour sur investissement est court : toujours selon l'ADEME, passer de 25 à 45 % raccourcit le temps de retour d'environ cinq ans dans le sud de la France, où une installation de 3 à 9 kWc se rembourse en 14 ans environ à 45 %.

Choisir la bonne puissance

La puissance se choisit selon la consommation de jour, plus que selon la surface de toit. Selectra propose un ordre de grandeur selon la taille du logement : jusqu'à 100 m², 3 kWc ; de 100 à 150 m², 6 kWc ; au-delà, 9 kWc. Un petit système, mieux calé sur les usages du jour, atteint un meilleur taux qu'un grand système dont l'essentiel du surplus part sur le réseau à un prix faible.

Un kit de 300 à 900 Wc peut aussi servir de base de départ : electricite.net estime sa production à 270 à 330 kWh par an pour 300 Wc et à 810 à 990 kWh par an pour 900 Wc, soit environ 900 à 1 100 kWh par kWc ; ce chiffre varie selon la région et l'orientation.

Orientation : plein sud ou est-ouest ?

Selon l'ADEME, une orientation mixte sud-est / sud-ouest réduit la production d'environ 10 % mais augmente le taux d'autoconsommation d'environ 6 %, parce que la production s'étale sur la journée au lieu de se concentrer à midi. Si vos consommations se concentrent le matin et le soir, une toiture est-ouest peut donc se défendre.

Décaler les usages vers le soleil

Les usages qui absorbent le mieux la production sont ceux qui se déplacent : chauffe-eau (notre dossier chauffe-eau thermodynamique), lave-linge, lave-vaisselle, climatisation, pompe à chaleur et recharge de voiture. L'ADEME privilégie le pilotage de la recharge d'un véhicule plutôt que l'ajout d'une batterie : la production quotidienne d'une installation de 3 kWc peut faire rouler environ 70 km. Un système de pilotage de la maison, par exemple via le standard Matter, facilite ce décalage (voir Matter et gestion de l'énergie et la recharge à domicile).

Un exemple chiffré (calcul WattNeuf)

Prenons une installation de 3 kWc qui produit environ 3 000 kWh par an (hypothèse de 1 000 kWh par kWc), posée pour 6 000 € (Selectra). Le kWh évité est valorisé au tarif réglementé de 0,2001 €/kWh (option base, 6 kVA) et le surplus à 1,1 c€/kWh, sans indexation ni TVA ni coût d'entretien.

Taux d'autoconsommationÉlectricité évitéeSurplus venduGain annuelRetour sur investissement
30 %180 €23 €≈ 203 €≈ 29 ans
45 %270 €18 €≈ 288 €≈ 21 ans
65 %390 €12 €≈ 402 €≈ 15 ans

Ce calcul est une simulation d'ordre de grandeur, pas une promesse : il suppose un prix de l'électricité stable, alors que le tarif évoluera (voir notre actualité sur le tarif réglementé). Il montre toutefois que le taux compte autant que le prix de l'installation, et que le retour dépasse la durée de vie utile à bas taux. Selectra annonce de son côté 14 à 21 ans de retour pour une installation professionnelle de 3 kWc, avec 65 % d'autoconsommation et un kWh à 0,194 €. L'avis de l'ADEME, antérieur à la suppression de la prime, estimait pour sa part le coût du kWh autoconsommé à 13 à 18 c€ avec subventions : les chiffres sont à relire à la lumière de la fin de la prime.

Que faire du surplus ?

Trois voies : l'injecter et le vendre (1,1 c€/kWh), le stocker dans une batterie (voir Batterie domestique et solaire et le stockage par batteries à l'échelle du réseau) ou le créditer chez un fournisseur avec une batterie virtuelle. Un comparatif des équipements est disponible dans notre article Solaire à la maison : quel équipement choisir ? ; les démarches sont dans le dossier Autoconsommation solaire en 2026.

À retenir

Dimensionnez sur vos consommations de jour, pas sur la surface du toit. Un taux de 25 à 45 % est un ordre de grandeur courant en maison individuelle ; chaque point gagné raccourcit le retour sur investissement. Pilotage des usages, orientation est-ouest et recharge de voiture en journée valent souvent mieux qu'une batterie.

Sources : ADEME, avis sur l'autoconsommation individuelle d'origine photovoltaïque (janvier 2025) ; SDES (tableau de bord du solaire photovoltaïque, T1 2026) ; Selectra (16/06/2026) ; electricite.net. L'exemple chiffré est un calcul WattNeuf fondé sur ces hypothèses.

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