Enrichissement laser : la NRC recommande la licence de l'usine de Paducah
L'autorité de sûreté américaine a publié son étude d'impact finale pour l'usine d'enrichissement d'uranium par laser de Global Laser Enrichment. Licence attendue début 2027.
Par Adrien Tournel · Publié le · mis à jour le 27 octobre 2026
Aux États-Unis, la Nuclear Regulatory Commission (NRC) a publié le 26 octobre 2026 l'étude d'impact environnemental finale de la Paducah Laser Enrichment Facility (PLEF), dans le Kentucky, et recommande de délivrer la licence de construction et d'exploitation. Le projet de Global Laser Enrichment (GLE) vise à enrichir l'uranium par laser, un procédé qui n'a pas encore été déployé à l'échelle commerciale.

Un procédé qui remplace les centrifugeuses
GLE détient la licence exclusive de la technologie SILEX, développée par l'australien Silex Systems. L'enrichissement laser utilise des longueurs d'onde précises pour exciter sélectivement un isotope de l'uranium et le séparer. Selon World Nuclear News, le procédé serait nettement plus efficace que les méthodes actuelles, avec une consommation d'énergie potentiellement plus faible, des coûts d'investissement plus bas et des teneurs résiduelles plus faibles dans les « queues ». Ces avantages restent à démontrer en exploitation : l'article ne donne aucun chiffre de capacité ni de coût.
La technologie a atteint le niveau de maturité 6 (TRL 6) en 2025, après une démonstration à grande échelle sur le site d'essai de GLE à Wilmington (Caroline du Nord).
Retraiter les stocks d'uranium appauvri
L'usine de Paducah traiterait des queues d'uranium appauvri à teneur élevée, héritées de l'ancienne usine d'enrichissement par diffusion gazeuse exploitée par le département américain de l'Énergie. L'uranium 235 ne représente qu'environ 0,7 % de l'uranium naturel, et les réacteurs commerciaux utilisent en général un combustible enrichi à 3-5 %. La licence demandée couvre un uranium faiblement enrichi jusqu'à 5 %, mais aussi la catégorie « LEU+ » jusqu'à 8 %, recherchée par les exploitants nucléaires. GLE a par ailleurs signé un accord de fourniture à long terme avec le canadien Cameco.
Calendrier
GLE avait déposé son rapport environnemental en décembre 2024. Le rapport final d'évaluation de sûreté, dernière étape avant la décision, est attendu d'ici la fin de l'année ; le dirigeant de Silex, Michael Goldsworthy, table sur une licence finalisée début 2027.
Pourquoi c'est lié aux petits réacteurs
Les réacteurs avancés, comme le Xe-100 que l'on retrouve dans le projet Amazon–X-energy de l'Indiana, exigent un combustible HALEU enrichi jusqu'à 20 %. La filière occidentale dépend aujourd'hui d'un nombre limité de fournisseurs ; de nouvelles capacités d'enrichissement sont donc un maillon essentiel de ces projets. L'usine de Paducah, elle, annonce de l'uranium jusqu'à 8 % : elle ne répond pas directement à ce besoin.
Source : World Nuclear News, 26 octobre 2026.