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Solaire : la Chine veut contrôler l'export de douze technologies, dont le tandem pérovskite-silicium

Pékin propose d'interdire ou de soumettre à licence l'export de douze technologies de fabrication solaire. Consultation jusqu'au 15 novembre ; l'enregistrement des transferts est déjà obligatoire.

Par Adrien Tournel · Publié le · mis à jour le 27 octobre 2026

Schéma bleu : calendrier des contrôles chinois à l'export de technologies solaires et trois familles de procédés visés
Calendrier et familles de technologies concernées par le projet chinois © WattNeuf

Pékin envisage d'ajouter douze technologies de fabrication solaire à son catalogue des technologies dont l'exportation est interdite ou restreinte. Le projet, publié le 16 octobre 2026 par le ministère du Commerce (MOFCOM) et le ministère des Sciences et Technologies, est soumis à consultation publique jusqu'au 15 novembre. Parmi les procédés visés figurent ceux des cellules tandem pérovskite-silicium, la technologie que les industriels européens et américains comptent pour la prochaine génération de panneaux.

Schéma bleu : calendrier des contrôles chinois à l'export de technologies solaires et trois familles de procédés visés
Calendrier et familles de technologies concernées par le projet chinois © WattNeuf

Ce qui est visé

D'après pv magazine et Mercom India, la liste couvre à la fois des procédés de pointe et des technologies déjà industrielles :

  • les cellules tandem pérovskite-silicium de rendement d'au moins 30 % sur des wafers de 182 mm ou plus, ainsi que le dépôt de pérovskite par enduction à fente (largeur d'au moins 1,1 m) ;
  • des procédés de cellules TOPCon, à contacts arrière (BC) et hétérojonction (HJT), dont l'électrodéposition de cuivre et les dépôts de film conducteur transparent ;
  • la fabrication de polysilicium et de wafers, notamment les wafers de 70 µm d'épaisseur ou moins.

Les technologies « interdites » ne pourraient plus être exportées ; celles « restreintes » nécessiteraient une licence de l'État. Les sources consultées ne s'accordent pas sur le classement précis de chaque procédé dans l'une ou l'autre catégorie.

Ce qui est déjà en vigueur

Rien n'est encore définitif, mais une obligation d'enregistrement est entrée en vigueur le 16 octobre : tout transfert envisagé — cession de propriété intellectuelle, licence à l'étranger, changement d'actionnariat impliquant des entités étrangères — doit être déclaré. Les cellules et modules finis ne sont pas directement concernés ; ce sont les transferts de savoir-faire, les exportations d'équipements, l'installation de lignes à l'étranger et l'assistance technique qui pourraient l'être. Le MOFCOM invoque la sécurité nationale, notamment pour des usages aérospatiaux et de défense, et affirme ne cibler aucun pays ni entreprise.

Quelles conséquences pour l'Europe ?

Ces mesures pourraient compliquer les projets d'usines occidentales qui s'appuyaient sur des équipements ou des licences chinois, au moment où l'Europe cherche à relocaliser une partie de la chaîne solaire (voir par exemple le projet d'usine de 5 GW de Holosolis, à Hambach, soutenu par le Fonds européen pour l'innovation). Elles rappellent aussi que les records de laboratoire des tandems, décrits dans nos précédents articles, ne se traduiront en panneaux de série que si les procédés industriels sont accessibles. L'effet réel dépendra du texte final, qui n'est pas connu.

Sources : pv magazine (16/10/2026), Mercom India (19/10/2026), pv magazine France (22/10/2026). Schéma : WattNeuf.

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