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Pompe à chaleur : fonctionnement, types, dimensionnement et aides en 2026

Comment une pompe à chaleur produit plusieurs kWh de chaleur avec 1 kWh d'électricité : principe, types, COP, dimensionnement, impact sur l'installation électrique et aides 2026.

Par Adrien Tournel · Publié le · mis à jour le 24 octobre 2026

Schéma du cycle : évaporateur, compresseur, condenseur, détendeur
Principe de fonctionnement d'une pompe à chaleur air-eau © WattNeuf

Chauffer sa maison avec l'électricité sans gaspiller : c'est la promesse de la pompe à chaleur (PAC). Une PAC ne produit pas de chaleur, elle la déplace : elle prélève des calories dans l'air, l'eau ou le sol, et les restitue dans le logement. Pour 1 kWh d'électricité consommé, elle en restitue plusieurs sous forme de chaleur. Ce dossier explique le principe, les différents types de PAC, les critères de choix et les aides.

Le principe : déplacer la chaleur

Un fluide frigorigène circule en boucle entre quatre éléments : l'évaporateur, qui capte la chaleur extérieure et fait s'évaporer le fluide ; le compresseur, alimenté en électricité, qui comprime le gaz et élève sa température ; le condenseur, qui cède la chaleur à l'eau du circuit de chauffage ou à l'air intérieur ; et le détendeur, qui ramène le fluide à basse pression pour recommencer le cycle.

Schéma du cycle : évaporateur, compresseur, condenseur, détendeur
Principe de fonctionnement d'une pompe à chaleur air-eau © WattNeuf

COP et SCOP : mesurer le rendement

Le COP (coefficient de performance) est le rapport entre la chaleur produite et l'électricité consommée, mesuré dans des conditions données. Un COP de 3 signifie 3 kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité. Le SCOP en est la version saisonnière, plus représentative d'une année de chauffage. Le rendement baisse quand l'écart entre température extérieure et température de départ d'eau augmente : une PAC est donc plus efficace avec des émetteurs basse température (plancher chauffant, radiateurs surdimensionnés) qu'avec de vieux radiateurs fonctionnant à haute température.

Les principaux types de PAC

TypeCapte la chaleur dans…Restitue via…À retenir
Air-airl'air extérieurde l'air soufflé (split, multisplit)Installation simple, réversible en climatisation ; ne produit pas d'eau chaude sanitaire
Air-eaul'air extérieurl'eau du circuit de chauffageRemplace une chaudière ; compatible radiateurs et plancher chauffant ; éligible aux aides par geste
Eau-eau / géothermiquele sol ou une nappel'eau du circuit de chauffagePerformances stables toute l'année ; coût d'installation plus élevé (forage ou capteurs)
Chauffe-eau thermodynamiquel'air ambiant ou extérieurle ballon d'eau chaudePour l'eau chaude sanitaire uniquement

Bien dimensionner son installation

Une PAC trop puissante fonctionne par cycles courts, s'use plus vite et consomme davantage ; une PAC sous-dimensionnée s'appuie sur l'appoint électrique les jours froids. Le dimensionnement repose sur les déperditions du logement (isolation, surface, région climatique) et sur la température de l'eau des émetteurs existants. Il doit être calculé par un professionnel qualifié, pas estimé à la surface.

L'impact sur l'installation électrique

Une PAC est un appareil puissant qui doit être alimenté par une ligne dédiée protégée au tableau électrique. Selon la puissance de la machine et les autres usages (cuisson, véhicule électrique), il peut être nécessaire d'augmenter la puissance souscrite du compteur. Pour comprendre comment la maison est alimentée, voir notre dossier sur l'installation électrique de la maison et l'histoire des installations dans Du 110 V au Linky.

Heures creuses et pilotage

Depuis février 2026, le tarif réglementé affiche des heures creuses à environ 0,158 € TTC le kWh (contre environ 0,164 € auparavant), et le seuil de rentabilité de l'option HP/HC est passé d'environ 31 % à 26 % de consommation en heures creuses (source : Effy, 23 janvier 2026). Les plages horaires sont fixées localement, avec des créneaux de nuit et, selon les zones, de mi-journée : de quoi décaler la production d'eau chaude, mais le chauffage lui-même reste à piloter finement.

Les aides en 2026

  • MaPrimeRénov' par geste pour une PAC air-eau ou eau-eau : 5 000 € (très modestes), 4 000 € (modestes), 3 000 € (revenus intermédiaires), sur une dépense plafonnée à 12 000 €. Les PAC air-air en sont exclues.
  • Certificats d'économies d'énergie (CEE) : primes variables selon l'opérateur ; la bonification « Coup de pouce Chauffage » exige une PAC agréée et le remplacement d'une chaudière fioul, gaz ou charbon.
  • Passer par un artisan RGE et signer le devis après l'accord des aides.

Attention : le projet de budget 2027 prévoit de ne financer les PAC que par les CEE, sans date d'application connue à ce stade.

Le marché en 2026

Après deux années de baisse, les ventes de PAC air-eau progressent de 14,7 % au premier semestre 2026 (Uniclima), tandis que les chaudières gaz et fioul reculent de 23,4 %.

À retenir

  • Une PAC déplace la chaleur : plusieurs kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité.
  • Le rendement dépend de la température de l'eau : le logement et ses émetteurs comptent autant que la machine.
  • Le dimensionnement et le tableau électrique se vérifient avant l'achat.
  • Les aides évoluent vite : à vérifier au moment du devis.

Sources : Uniclima, Effy, Hello Watt, Selectra (2026) ; schéma de principe WattNeuf.

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