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Fusion : Helion lève 465 millions de dollars et vise la première électricité de fusion en 2028

La start-up américaine, valorisée 15,5 milliards de dollars, construit sa centrale Orion de 50 MW pour Microsoft. Mais elle n'a pas encore démontré qu'elle sait produire de l'électricité avec son réacteur Polaris.

Par Adrien Tournel · Publié le

Plasma lumineux à l'intérieur du réacteur Polaris de Helion
Le réacteur Polaris de Helion, plasma en fonctionnement © Helion

Le 4 juin 2026, Helion Energy a annoncé une levée de fonds de 465 millions de dollars, ce qui valorise la société à 15,5 milliards de dollars et porte à plus de 1,5 milliard le total des capitaux réunis depuis sa création (GeekWire, 04/06/2026). Le tour est mené par Thrive Capital, avec notamment Lux Capital, Peak XV Partners et Bill Ford, président exécutif de Ford ; SoftBank Vision Fund 2 et Lightspeed figuraient déjà parmi les investisseurs.

Une approche différente du tokamak

Helion ne construit pas un tokamak comme SPARC ou ITER. Sa machine, Polaris, de septième génération, mesure environ 18 mètres de long et fonctionne à Everett (État de Washington). Le principe visé est de récupérer directement l'énergie électrique du plasma, sans passer par la vapeur et une turbine. Selon GeekWire, des questions techniques essentielles restent à résoudre dans la conception finale des centrales : Polaris est un démonstrateur, pas encore une source d'électricité prouvée.

Orion : 50 MW attendus en 2028

Helion a engagé en juillet 2025 les travaux sur le site de sa première centrale, Orion, dans le comté de Chelan (Washington), un terrain loué à la régie publique d'électricité locale, choisi pour son accès au réseau de transport (Power Engineering, 30/07/2025). Orion doit fournir 50 MW et pourrait entrer en service dès 2028, pour alimenter des centres de données de Microsoft, qui a signé dès mai 2023 un accord d'achat d'électricité. La société attendait encore à l'époque une décision d'autorisation des régulateurs locaux et de l'État ; nous n'avons pas trouvé de date de décision.

Une rumeur de contrat avec OpenAI

Selon Axios, repris par GeekWire, Helion discuterait d'un contrat géant avec OpenAI : 5 GW d'ici 2030, puis 50 GW d'ici 2035. L'information repose sur une source anonyme et Helion ne l'a pas confirmée, précisant n'avoir annoncé aucun nouveau client en dehors de Microsoft et de Nucor. À titre de comparaison, 5 GW représentent une centaine de fois la puissance d'Orion. Sam Altman, PDG d'OpenAI, a fortement investi dans Helion et quitterait son conseil d'administration, selon la société.

Ce qu'il faut retenir

La fusion attire les capitaux, notamment grâce à la demande d'électricité des centres de données (voir notre article sur les datacenters en France en donne l'ampleur). Mais aucune entreprise au monde n'a encore produit d'électricité de fusion de façon viable : le calendrier de 2028 reste un objectif de l'entreprise, que seuls des résultats de Polaris pourront crédibiliser. Du côté des projets publics, ITER vise 2034 pour le début de la recherche, et le CEA a prouvé un plasma tenu plus de 22 minutes avec WEST.

Sources : GeekWire, 04/06/2026, GeekWire (OpenAI), Power Engineering, 30/07/2025.

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