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Recharger en roulant : Honda prépare une route à induction jusqu'à 150 kW pour les poids lourds

Honda, Taisei et Taisei Rotec construiront fin 2026 une piste d'essai de recharge sans fil dynamique, avant un test sur autoroute au Japon dès l'exercice 2027. En France, une portion de l'A10 expérimente déjà le principe.

Par Adrien Tournel · Publié le

Route équipée de recharge sans fil dynamique pour véhicules électriques (projet Honda)
Illustration du projet de recharge dynamique sans fil de Honda © Honda via Automobile Propre

Et si les véhicules électriques n'avaient plus besoin de s'arrêter pour recharger ? C'est la promesse de la recharge dynamique sans fil (DWPT, Dynamic Wireless Power Transfer), sur laquelle Honda vient de détailler ses plans, selon Automobile Propre (11 octobre 2026).

Le principe : une route qui alimente le véhicule

Des émetteurs intégrés à la chaussée créent un champ magnétique ; un récepteur placé sous le véhicule capte l'énergie pendant qu'il roule. Le projet, mené par Honda R&D depuis 2025 avec les entreprises japonaises Taisei et Taisei Rotec, se répartit ainsi : Honda conçoit les éléments d'émission et de réception, Taisei le système d'alimentation, Taisei Rotec l'intégration dans la route.

Ce qui est annoncé

  • Puissance visée : jusqu'à 150 kW, y compris à vitesse élevée.
  • Pose sur route existante : les modules s'installent après fraisage de l'enrobé, sans reconstruction complète.
  • Robustesse : la structure doit supporter le passage répété de véhicules lourds d'environ 20 tonnes.
  • Calendrier : une nouvelle piste d'essai doit être construite fin 2026 pour évaluer durabilité, performances et fuites de champ électromagnétique ; à partir de l'exercice fiscal japonais 2027, un essai est prévu sur la Tateyama Expressway (préfecture de Chiba).
  • Cibles : d'abord les poids lourds, les voitures particulières viendraient plus tard.

Les verrous restants

Le coût d'équipement de la route, la maintenance et la nécessité d'équiper les véhicules de récepteurs compatibles restent à lever. L'article ne précise pas non plus l'énergie réellement récupérable par un véhicule en circulation.

En France : l'A10 sert déjà de laboratoire

Le principe n'est pas qu'une promesse japonaise. Selon Vie locale / Infos Yvelines, une portion de 1 500 mètres de l'A10, près de Saint-Arnoult-en-Yvelines, expérimente la recharge par induction dans le projet « Charge as you drive », porté par Vinci Autoroutes, Electreon, Hutchinson et l'Université Gustave-Eiffel avec le soutien de France 2030. À ce stade, seuls des prototypes spécialement adaptés en bénéficient.

Ce type d'essai n'est pas nouveau : dès 2017, Renault, Qualcomm et Vedecom avaient testé à Satory (Versailles) une piste de 100 mètres de charge dynamique sans contact sur deux Kangoo ZE, à 20 kW (Futura). Neuf ans plus tard, les puissances visées sont multipliées par plus de sept.

Pourquoi c'est à suivre

Pour le transport routier de marchandises, recharger en roulant pourrait réduire la taille des batteries embarquées. Reste à prouver l'équation économique d'une infrastructure coûteuse. Pour comprendre où en est l'électrification des camions aujourd'hui, voir notre dossier Poids lourds électriques : où en est la France ?. Pour l'autre grande piste de flexibilité autour de la voiture, voir la recharge bidirectionnelle.

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